
Traiter l'humidité d'un logement
L'humidité dans les murs n'est pas une fatalité, mais elle ne se traite pas au hasard : chaque cause appelle une technique différente, et une intervention mal ciblée coûte cher sans rien régler.
Identifier la cause avant tout
C'est l'étape que l'on saute le plus souvent, et celle qui détermine tout le reste. Cinq causes principales se rencontrent.
Les remontées capillaires : l'eau du sol monte dans les murs par capillarité, faute de coupure étanche. Signe caractéristique, une bande d'humidité en bas des murs, jusqu'à un mètre ou un mètre cinquante, avec des dépôts blanchâtres de salpêtre.
Les infiltrations : l'eau entre par la façade, la toiture, une menuiserie ou un mur enterré. Les taches sont localisées et s'aggravent après la pluie.
La condensation : la vapeur d'eau produite à l'intérieur se condense sur les parois froides. Les moisissures apparaissent dans les angles, derrière les meubles et sur les ponts thermiques, plutôt l'hiver.
Un dégât des eaux ancien, dont le mur n'a jamais séché.
Et une ventilation défaillante, qui aggrave systématiquement toutes les autres.
Objectifs d'un traitement
Assécher durablement les murs, arrêter le décollement des peintures, stopper les remontées capillaires, restituer un aspect correct aux parois, améliorer la longévité du bâti et l'isolation, un mur humide isole en effet très mal, la conductivité d'un matériau saturé étant plusieurs fois supérieure à celle du même matériau sec.
Les techniques
Contre les remontées capillaires, l'injection de résine hydrophobe dans la base du mur reste la méthode la plus employée : des perçages espacés de quelques centimètres reçoivent un produit qui crée une barrière étanche. Elle suppose un mur homogène et un dosage correct ; le résultat s'apprécie sur plusieurs mois de séchage.
La coupure mécanique, sciage du mur et insertion d'une membrane, est plus lourde, plus chère et plus sûre.
Les systèmes électro-osmotiques, censés inverser le déplacement de l'eau par un champ électrique, n'ont pas fait la preuve de leur efficacité dans les évaluations indépendantes. C'est le domaine où les offres douteuses sont les plus nombreuses.
Contre les infiltrations, le traitement porte sur la cause : reprise de toiture, drainage périphérique, cuvelage d'un sous-sol, hydrofuge de façade.
Contre la condensation, la réponse est la ventilation, une VMC simple flux hygroréglable ou double flux, associée au traitement des ponts thermiques.
Le diagnostic
Un diagnostic sérieux comporte des mesures, et non de simples constats visuels : humidité des matériaux au moyen d'une sonde ou par prélèvement, relevés d'hygrométrie et de température de l'air et des parois, examen des abords et du système de ventilation, recherche de salpêtre et analyse éventuelle des sels.
Il conclut par l'identification de la cause, et non par la proposition d'un produit.
Comparer les devis
Trois devis d'entreprises indépendantes constituent le minimum, et la comparaison porte sur autre chose que le prix.
Le devis doit décrire le diagnostic réalisé et sa conclusion, la technique retenue et pourquoi, les produits employés avec leur référence, le linéaire ou la surface traitée, la préparation, piochage des enduits dégradés, séchage, enduit d'assainissement, et la garantie.
La garantie décennale de l'entreprise doit être attestée, avec le nom de l'assureur et le numéro de police. Une garantie « trente ans » offerte par l'entreprise elle-même ne vaut que ce que vaut l'entreprise dans trente ans.
Se prémunir des abus
Ce secteur concentre un nombre élevé de litiges, et quelques signaux doivent alerter.
Le démarchage à domicile, la visite « gratuite » débouchant sur un diagnostic alarmant, la signature demandée le jour même avec une remise qui expire le soir, le versement d'un acompte important avant travaux.
Rappel utile : un contrat conclu à domicile ouvre un délai de rétractation de quatorze jours, et aucun paiement ne peut être exigé avant l'expiration d'un délai de sept jours dans ce cadre.
Enfin, un traitement d'humidité ne dispense jamais de ventiler. Une entreprise qui propose l'injection sans examiner la ventilation traite un symptôme.